Écrire l’intime,
plan par plan
Écrire une scène intime comme on tourne un film :
plan par plan, sans jamais couper.
Il y a un moment, dans la plupart des romans érotiques, où la caméra se détourne. La porte se ferme, la phrase s’arrête, et la scène reprend le lendemain matin. On appelle ça de la suggestion. Élysia appelle ça une coupure.
Son parti pris est exactement inverse : écrire la scène comme on la tournerait. Plan par plan, geste après geste, dans l’ordre où les choses arrivent.
Écrire comme on filme
Un scénario ne dit pas « ils font l’amour ». Il découpe. Il place la caméra, il choisit ce qu’on voit, il décide de la durée de chaque plan. C’est cette discipline qu’Élysia applique à l’écriture intime.
Chaque scène est construite comme un storyboard. Un geste, puis le suivant. Ce que la main fait, ce que le corps répond, ce que la tête pense pendant ce temps-là. Rien n’est résumé, rien n’est sauté. Une minute de scène peut occuper une page, parce qu’une minute, quand on la vit vraiment, contient beaucoup de choses.
C’est ce qui donne aux récits leur rythme particulier : on ne lit pas le résumé d’une scène, on la traverse en temps réel.
La justesse avant l’effet
Le détail n’a d’intérêt que s’il est vrai. Un détail inventé sonne faux immédiatement, et c’est ce qui rend tant de scènes invraisemblables : elles décrivent un fantasme, pas une expérience.
L’écriture d’Élysia part de l’observation et de l’écoute. De ce que des femmes et des hommes racontent de leur intimité réelle quand on prend le temps de leur poser la question. De ce qui se passe vraiment dans un corps, et de ce qui se passe en même temps dans une tête.
C’est pour ça que ses personnages pensent à autre chose au milieu d’une caresse, hésitent, se retiennent, se reprennent. Parce que c’est ce que font les gens.
Ne rien mettre de côté
La fiction érotique trie. Elle garde ce qui est esthétique et écarte le reste : les corps qui ont des besoins, les gestes qui ne sont pas gracieux, les mots crus, les moments un peu ridicules.
Élysia ne trie pas. L’intimité vraie comprend tout cela, et c’est précisément ce qui permet au lecteur de s’y reconnaître. On ne se reconnaît pas dans une scène parfaite. On se reconnaît dans une scène exacte.
Le mot juste est préféré au mot joli. Le vocabulaire est direct, parce que c’est celui qu’on emploie quand on parle vraiment de ces choses-là.
La seule limite
Tout se passe entre adultes consentants. C’est le seul cadre, et il n’est pas négociable. À l’intérieur, rien n’est écarté d’avance.
Pour qui ?
Pour les lectrices et les lecteurs qui referment un livre agacés d’avoir été laissés à la porte. Pour celles et ceux qui cherchent des scènes qui tiennent debout, écrites par quelqu’un qui a pris le temps de regarder avant d’écrire.